Famille CARAYON-DUCHÊNE

ORIGINES de mes ANCÊTRES


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BRANCHE PATERNELLE
(844 ascendants connus)

1/ Côté père de mon père : Tarn

CARAYON :

Mes CARAYON sont originaires du TARN, comme la totalité des CARAYON existants. Je n'ai pu à ce jour raccorder ma branche à d'autres CARAYON, dont au moins six foyers différents coexistaient au milieu du 16e siècle... En languedocien le nom CARAYON se trouvait à l'origine sous la forme de CARAGUENH (notaire à Viane en 1278 qui rédigea une charte), CARGUIENH, puis CARAGUIENH, CARAGUEN, et CARAGUION ; spécificité du Catalan dans le Tarn, la lettre "g" située entre 2 voyelles était muette, la variante CARAGUION était donc prononcée "CARA-YON" et non pas "CA-RAI-YON" ; la graphie du nom suivit (certaines hypothèses concernant l'origine de ce nom sont loufoques, telle celle affirmant qu'il vient du nom d'un hameau de Viane , mais c'est justement parce qu'un CARAYON y habitait que ce hameau se nomme ainsi). La plupart des patronymes de mes ascendants languedociens furent francisés : BIOU > BIAU, FOULIO > FOUILHÉ, DONNADIOU > DONNADIEU, etc... et suivant l'origine du prêtre rédigeant un acte 2 frères ou sœurs se mariant dans 2 villages différents pouvaient se retrouver porter deux noms légèrement différents. A Lacaze par exemple aux alentours de 1600 cohabitent des CARAGUEN, CARAGUION et CARAYON sur les actes notariés...
Mon ascendance comprend à 2 autres reprises des CARAYON, par les femmes...

Jusqu'en 1915 les naissances "CARAYON" avaient encore lieu presque exclusivement dans le Tarn et l'Hérault, essaimant un peu dans les départements voisins de l'Aveyron et la Haute-Garonne. A cette date moins d'une vingtaine de CARAYON avaient eu des enfants dans d'autres départements français, y compris en Algérie. Les CARAYON n'ont donc pas participé à l'immense exode rural vers Paris et les régions industrielles de la fin du 19ème siècle.

Mes ancêtres trouvèrent leurs épouses dans les petits villages disséminés dans la montagne, de Paulin jusqu'à Viane, mon grand-père sautant la barrière sud du Tarn pour épouser une héraultaise de la montagne, qui avait elle aussi une branche d'ancêtres tarnais...

Je n'ai pu à ce jour remonter mon patronyme qu'à Antoine CARAYON, né vers 1615 à Rayssac (Raiçac > Los Raissagòls) situé à 25 km au Sud-est d'Albi, au masage de Panissaire ou de Gabrias ; il épousa en secondes noces, vers 1645, Marie CROS. Il pourrait s'agir d'une branche des CARAYON du massage de Frayssinel à Paulin, venus au départ comme métayers des Brandoin...
Ils vécurent et décédèrent au masage de Panissaire... A cette époque les 2 patronymes CARAYON et CARAGUEN sont présents à Rayssac et la même personne porte indifféremment l'un ou l'autre suivant le notaire qui rédige un acte...
Leur fils Jean, né au masage de Panissaire vers 1650, épousa à Paulin (Los Paulinetòls) en 1676 Marie MAYNEAU, du masage de Ruèges. Ils vécurent au masage de la Bonnaygue de Rayssac, et y moururent... (Une météorite tomba le 25 janvier 2008 sur Paulin, sans faire de dégâts).
Le fils de Jean, Antoine, né vers 1680, épousa en 1ères noces Anne CHAMAYOU, mon ancêtre, qui décéda jeune, et en 2èmes noces Marie DO, en 1721. Il décéda à Rayssac en janvier 1750, au bourg, ou au masage du Castounès... 
Le fils d'Antoine, André, né en 1710 au masage de La Bonnaygue chez ses grands-parents, épousa en 1756 Jeanne BIAU, originaire de Paulin et est décédé à Rayssac en 1790, âgé de 80 ans. Il était brassier à son mariage, c'est-à-dire qu'il "louait ses bras" aux fermes...
Note : André eut au moins 1 frère et 1 sœur qui eurent une descendance jusqu'à nos jours, dont une grande partie se trouve dans ma base de données ; une des descendantes de ce frère a réussi le tour de force d'épouser en 1977 un descendant d'ancêtres de ma mère, originaire de Lorraine. Les enfants de ce dernier couple sont donc mes cousins à la fois par mon père et à la fois par ma mère...
Le fils de André, Jacques, naquit en 1769 à Paulin, paroisse de St-Jean-de-Jeannes, chez ses grands-parents BIAU. Il se maria à Rayssac, d'où son épouse Marie MARC était également originaire. Il était domestique de ferme à son mariage, mais mourut cultivateur, donc était propriétaire de sa terre.. Il décéda à Rayssac en 1821, âgé de 52 ans. La mère de Marie MARC, Catherine PUJOL, me fait remonter aux CORBIÈRE d'Arifat par les AVISOU (voir Anecdotes)...

L'Albigeois était peuplé avant la conquête romaine par les Volques, peuple celte arrivé vers 330 avant JC; parmi eux, les Tectosages, ancêtres des Toulousains actuels, puis les Ruthènes, qui s'installèrent dans l'Albigeois et qui en furent chassés par les Romains en 121 avant JC. Les Languedociens gardèrent durant cette occupation leur dialecte ibérique. L'Albigeois était à l'époque romaine une région céréalière, riche de filons d'or et d'argent. A la fin de l'Empire, le Languedoc fut dévasté par les Vandales, puis occupé à partir de 478 par les Wisigoths, avant d'être conquis par les Francs en 507. Vint une succession de querelles sanglantes... En 688 le duc Eudes d'Aquitaine s'empara de l'Albigeois; de 720 à 732 le pays fut soumis aux incursions dévastatrices des Sarrasins, puis en 766 Pépin le Bref s'empara de l'Albigeois en même temps que de tout le Languedoc. En 864 ce furent les Normands qui y firent des ravages...

Le catharisme, dont la terre d'élection allait de Toulouse à Carcassonne, était fortement établi dès 1160 dans l'Albigeois, d'Albi à Castres, surtout parmi l'artisanat et le prolétariat de la draperie qui était à l'époque sa richesse (le mot "tisserand" fut longtemps synonyme de cathare); en 1209, après l'assassinat du légat du pape en Languedoc, celui-ci appela à une croisade à laquelle répondirent 20.000 chevaliers de Bourgogne, Normandie et Île de France, dont Simon de Monfort qui, devenu par les armes vicomte de Béziers et Carcassonne puis comte de Toulouse, fut tué en 1218. Le roi de France Louis VIII se mêla alors à la "croisade", et le Languedoc finit par être rattaché à la couronne de France. Les derniers cathares disparurent vers 1350...

Avant de se spécialiser dans la fabrication de draps de laine de moyenne qualité, l'Albigeois connut dès le XIIème siècle une 1ère richesse grâce à la culture du safran, qui perdura jusqu'à la Révolution, mais aussi, dès le XIVème siècle, par la production du pastel ; la grande qualité de la production de celui-ci lui permit d'être exporté dans toute l'Europe ; mais Toulouse prit graduellement sa place pour son commerce et sa production, et à la fin du XVIème siècle l'indigo le remplaça presque complètement, car beaucoup moins cher...

Rayssac, situé à 600m d'altitude, possède des mines de spath fluor... Un vitrail de l'église fut offert par une famille CARAYON et sur un de ses piliers est gravé "Jean Pierre CARAYON" ; peut-être est-ce mon ancêtre qui fit ce "tag"... Le seigneur de Rayssac, "pauvre gentilhomme de 200 à 300 livres de rente tout au plus", prit les armes contre le roi de France durant les guerres de religion de la fin du 16ème siècle...

Le fils de Jacques, Jean Pierre Auguste né en 1816 à Rayssac, perdit son père à 5 ans et après avoir été garçon de ferme à St-Pierre-de-Trivisy où il connut son épouse Jeanne VALETTE alors servante à Lacaze, partit à Loupian (Hérault) où leur fils aîné naquit en 1845, pour enfin s'installer (en 1849 ?) à Viane (Viana,> los Vianèses) , dans les Monts de Lacaune, au hameau du Colombier sur les hauteurs de Viane dans la maison de ses beaux-parents VALETTE (Cette maison resta dans la famille CARAYON jusqu'en 1932, date du départ de la sœur cadette de mon grand-père pour Murasson avec son époux [le voyage se fit en charrette à cheval].). Ils possédaient un petit bout de terrain où ils pratiquaient des cultures de subsistance, ce qui suffisait pour leur donner la profession de cultivateurs. Pauvres, ils n'avaient ni cheval ni vache, peut-être une chèvre... Le surnom des CARAYON du Colombier était "Le Grillon". Sur leurs 5 enfants, 3 moururent à la naissance, leur fils aîné n'eut que 2 filles qui moururent dans leur 1ère année, et donc seul mon arrière-grand-père, Louis, eut des enfants viables.
Celui-ci, né en 1855 à Viane, épousa en 1885 à Escroux (La Capèla d'Escròs > Los Escrosòls) après 4 années de service militaire Marie GROS, née à Lacaune (La Cauna > Los Caunèses) en 1864 où son père Jean habitait alors, sa mère Marie Enjalbal étant originaire d'Escroux, minuscule hameau. Ils eurent 7 enfants, il est décédé à Viane en 1916 à 61 ans. Les Enjalbal avaient acheté les ruines du château d'Escroux , toujours propriété du neveu de Marie GROS. Celui-ci, Jean Louis GROS, est bien connu à Lacaune et sa région comme négociant de cochons, ses camions sillonnent toute la France.

La Capelle d'Escroux était, en 1685, en majorité Protestante : sur les 16 maisons du hameau, 11 chefs de famille portaient des prénoms Huguenots.

Lacaune-les-Bains, située dans la vallée du Gijou à plus de 800 m d'altitude et protégée par 2 chaînes de montagnes, bénéficie d'un microclimat et de sources ("Cauna" : cavité, grotte) qui en ont fait un village de cures depuis 1636 ; siège de foires et marchés très importants, on y fabriquait des chandelles, chapeaux et draperies. Sa métallurgie du fer fut prospère jusqu'au 16e siècle grâce à ses gisements de Combelaune, Cavernes et Luminier, alimentant forges et moulines. Une ardoisière commune permettait aux Lacaunais d'extraire librement des ardoises. Quelques ardoisières y sont encore exploitées.

La région de Lacaune compte la plus importante concentration de statues menhirs en Europe.

Sur les hauteurs au nord de Lacaune passait une voie romaine reliant Lodève à Cahors nommée "estrade" ou "chemin de Haute Guyenne"; la tradition veut que Jules César se dirigeant vers Roquecézière en traversant les montagnes ait déclaré : "La caune noire, caverne de voleurs".

L'absence de voies de pénétration la protégea des incursions normandes, et l'hérésie cathare n'atteignit pas Lacaune. Durant la Guerre de 100 ans ses remparts la protégèrent des Anglais. En 1236 Philippe de Monfort exempta les Lacaunais des droits sur les marchandises et par une charte de 1269 la liberté individuelle leur fut accordée ; en 1305 Eleonore de Monfort ordonna l'expulsion des quelques Juifs qui y résidaient. 

En 1310 une bulle du Pape Clément VI accorda aux habitants la permission d'ouvrir une école et de choisir un maître capable d'enseigner aux enfants "la grammaire, la logique et autres sciences". Dès le milieu du 16e siècle la Réforme s'y implanta, et toute la montagne souffrit des Guerres de Religion ; l'église de Nages fut détruite en 1586...

C'est dans les bois de la Bassine, près de Lacaune, que fut découvert en 1798 "l'enfant sauvage" rendu célèbre par François Truffaut; il y fut exposé sur la place publique avant de s'enfuir dans les bois de Roquecézière (maintenant dans l'Aveyron), où habitaient alors mes ancêtres Jacques PAGÉS et Suzanne ENJALBAL...

Le curé de Roquecézière, justement, note le 20 janvier 1788 dans son registre avoir publié, "selon qu'il lui est enjoint", l'édit de Henri II "concernant les punitions de mort entre les personnes du sexe qui, enceintes par crime, ont refusé d'en faire déclaration au juge". La même année, et par la grâce d'un édit du roi de septembre 1787, il légitime en présence d'un juge 2 unions de Protestants ainsi que les naissances dorénavant légitimes de leurs enfants nés ou à naître. 

Lacaune est un haut lieu des salaisons porcines tarnaises; une charte de 1336 y réglemente déjà la profession de "mazelier", ancêtres des salaisonniers d'aujourd'hui.... 

Quant au Roquefort, il est élaboré exclusivement avec du lait de brebis de race Lacaune.

Le Rocher de Viane, à près de 1000m d'altitude, est à l'origine de Viane; il y était implanté un château fort, pillé et brûlé une première fois en 1483 par l'évêque de Castres puis reconstruit ; lors des guerres de religion le Duc de Rohan s'y retrancha en 1625 et y livra une rude bataille contre le maréchal de Thémines le 28 juillet. En 1628 les habitants tinrent tête au Prince de Condé qui surnomma la ville de "Rochelle des montagnes", mais le château fut brûlé à nouveau en 1629 par le Maréchal de Thémines... 

La plus ancienne Charte connue de Viane date de 1278, la veuve de Philippe de Monfort étant alors Comtesse de Viane, une autre de 1339 fait état d'un hôpital...
Viane fut peu à peu désertée, et ce fut ensuite dans la vallée du Gijou que se développèrent les habitations, au pied du Rocher, au hameau de Pierre-Ségade situé à 500 m d'altitude sur la route de Castres à Lacaune ; le nom de Pierre-Ségade (pierre coupée) vient d'un bloc rocheux qui fut coupé pour laisse place à une route. C'est à Pierre-Ségade qu'eut lieu la première assemblée politique protestante qui suivit la Saint-Barthélemy.
Le hameau du Colombier est lui-même sur les hauteurs, sur la route d'Escroux.
Viane comprend également un hameau du nom de CARAYON ; certains y voient l'origine de notre patronyme, ce qui est faux, d'autres pensent que notre nom vient de celui d'un Romain ou d'un Gaulois nommé Caraïus, cela parait vraisemblable ; on trouve en 1278 à Viane un Laurens (de) CARAGUENH, notaire. Frédéric Mistral, quant à lui,  parle de "caraioun, petit feu de chènevottes, d'où est dérivé le nom de famille languedocien Carayon"...

Dans une charte du 30 avril 1339 accordée aux habitants de Viane, on lit que les aubergistes du lieu ne devaient pas "gagner sur la vente du vin plus de 3 sols par salmée" et ne devaient pas mêler les crus : « qu’aucune personne qui tient taverne à Viane ni dans la seigneurie ne soit assez hardie ou osée pour mêler le vin de Bédarieux au petit vin que portent les rouergats. Celui qui se rendra coupable de ce délit payera 20 sols tournois au bénéfice de la seigneurie de Bédarieux ».

Dès 1561 Viane fut parmi les premières villes de l'Albigeois à être gagnée par la Réforme. Aujourd'hui encore, 4 confessions y cohabitent : Protestants (les plus nombreux), Catholiques, Méthodistes (rares en France), et Adventistes du 7e jour (Sabbathiens). Par comparaison, Albi ne compte aujourd'hui que 225 familles protestantes...
Traditionnellement les "Huguenots", ou "Parpaillots" (Protestants de l'Église Réformée, Calvinistes) enterraient leurs morts dans leurs jardins, les autres confessions utilisant le cimetière confessionnal, puis municipal ; cette tradition remonte aux origines du Protestantisme, les cimetières leur étant alors interdits ; des cyprès étaient plantés près des sépultures. Jusqu'aux années 1950 les processions catholiques étaient souvent lapidées par les enfants des autres confessions, les mariages mixtes étaient inexistants ou scandaleux, mais la vie sociale était apaisée, la solidarité entre les habitants forte, les maisons d'habitation des différentes communautés étroitement imbriquées entre elles. Viane compte aujourd'hui 680 habitants.  

Pour la petite histoire, les registres communaux d'État Civil de Viane du 19ème siècle contiennent un nombre impressionnant d'erreurs et d'oublis...

Albi offrit une forte résistance à la Réforme, tandis que Castres fut l'une des places de sûreté accordées aux Protestants par l'Édit de Nantes de 1598, révoqué en 1685 par Louis XIV. A Castres siégeaient des Tribunaux mixtes.
Le château de Lacaze, résidence des évêques de Castres, fut pris et démoli en 1562 par les habitants de Castres.
En 1567 et 1568 l'évêque d'Albi atteste que St-Jean-de-Jehanne (Rayssac), le village et le château de Paulin, Teillet, Le Masnau et Massuguiès, Fauch, étaient aux mains des Protestants, que "les séditieux et rebelles y ont pris, pillé et saccagé ce qu'ils ont pu et que les receveurs ne peuvent y percevoir les tailles et autres deniers. Le 27 novembre 1570, il ordonne "aux capitaines d'Albi de défendre la ville et enjoint aux habitants de leur prêter main-forte"...

Dès la paix signée, la peste, venue de Toulouse, commença ses ravages, faisant 4.000 morts à Castres.

Toute cette région est montagneuse, les villages se situant de préférence sur les hauteurs, entre 500 m et 900 m d'altitude, et les chemins n'étaient pas le moyen le plus simple pour aller de l'un à l'autre ; c'est à travers champs que l'on se déplaçait, dévalant les collines. Les clochers sont souvent visibles d'un village à l'autre, mais se rendre dans un village ou un hameau voisin par les chemins prenait parfois des heures. Les hivers y étaient beaucoup plus rudes au 18ème siècle que maintenant, comme en témoignent les étables qui se trouvaient au rez-de-chaussée des habitations pour les chauffer et les façades des églises et des anciennes maisons recouvertes d'ardoises sur le côté exposé au vent dominant pour les protéger des intempéries.

Dans les Monts de Lacaune, la mariée était traditionnellement habillée de noir jusqu'en 1900...

La rivière du Tarn était appelée par les Celtes le Taran (source des montagnes, torrent) ; elle dépend du bassin de la Garonne. Le département du Tarn fut formé en 1790 de l'Albigeois et d'une partie du Haut Languedoc; constitué aux 4/5 de montagnes et de collines, la température y est douce, avec de grands froids de mi-décembre à mi-février, les automnes y sont longs, le printemps court, et est parcouru par le vent d'autan (vent d'Est).

La vie était très dure à cette époque dans cette partie du TARN et beaucoup d'hommes passaient chaque année les Monts de l'Espinouse (qui deviennent la Montagne Noire dans le Tarn) pour aller travailler dans l'HERAULT dans les vignobles. (Jacques est mort à 52 ans, son fils Jean-Pierre Auguste à 49 ans, et mon arrière-grand-père à 61 ans)... Le seigle et les châtaignes constituaient leur quotidien.
Pour mes ancêtres Tarnais, les Héraultais étaient des Païbassòls (habitants des "pays bas").

La région connut la peste en 1348, 1563, 1631, 1693-1694 et 1709-1713, et la disette sévit en 1588, 1590, 1597, 1605, 1612, 1649-1652,1693-1694 (2,8 millions de décès dans la France d'alors en 2 ans au lieu de 1,5 million d'ordinaire, la diminution des naissances s'y ajoutant fit chuter de 22 à 20 millions la population française) et 1709-1713 (le terrible hiver 1709-1710 fit de 200.000 à 300.000 morts dans la France d'alors). A Lacaune le prêtre inscrit : "l'hiver 1709 fut long et rigoureux, le vin gela dans les bouteilles, les rivières furent gelées, les moulins ne tournèrent plus, la plupart des nouveaux-nés moururent le soir même de leur naissance, les semailles furent anéanties, la famine s'installa dans toute la montagne"... Le curé de Castanet (entre Albi et Gaillac) note sur le registre paroissial : "Le septième de janvier, au dit an 1709, en Albigeois, l'hiver commença rudement ; il fit quantité de neige jusqu'au vingt février ; les arbres furent pendant plusieurs jours couverts de glaçons, ce qu'on appelle vulgairement le givre, et le froid fut si rude qu'on ne se souvenait plus d'en avoir vu de semblable. Le vin glaçait dans les caves et faisait fendre les barriques ; le pain se gelait en quelque endroit que ce fut et jusqu'au 25 février. Les noyers périrent entièrement, plusieurs chênes et quantité de pruniers et autres arbres fruitiers se séchèrent, ce qui causa une si grande disette qu'on fut obligé à Albi de tenir le blé à 14 livres le setier (1,20 hl à Albi) et d'en empêcher la sortie les mois de mai, juin, juillet et août. Il vint jusques audit temps à 20 livres le setier et on obligea, par ordre de Sa Majesté, de faire le dénombrement des grains que chaque particulier avait audit an, à la récolte qui fut le 16 d'août. Le blé valait à Albi 24 livres le setier, le seigle 18 livres, les fèves autant, ce qui dura jusqu'aux semailles. Est remarqué qu'au mois d'octobre, audit an, la rivière du Tarn inonda si fortement que l'eau montait jusque près la porte de l'église de la Madeleine, ce qui causa beaucoup de dommage : elle emporta les toits des moulins d'Albi jusques à Gaillac ; elle passait sur le chemin d'Albi à Cordes et inondait partie de la plaine qui est le long dudit chemin, en sorte que pour aller d'Albi à Cordes il fallait prendre le chemin d'Albi à Mailhoc, et l'eau abattit plusieurs maisons du côté des Avalats. Cette inondation donna de la crainte à toute la ville d'Albi qui fit une procession générale pour prier Dieu de vouloir apaiser cette inondation "...
En 1710 et 1711 le prix des blés quintupla...

Il fallut attendre les progrès dans les techniques de culture, vers la fin du 18ème siècle, pour atteindre une plus grande sécurité alimentaire.

A la Révolution, l'alphabétisation des mariés était presque nulle dans le Tarn, un peu plus élevée dans l'Hérault... La Convention Nationale institua l'école primaire, dont toute punition corporelle fut bannie, à raison d'une école pour 1000 habitants. En 1800, 2000 garçons étaient scolarisés dans le Tarn, mais pour ainsi dire aucune fille. La grande majorité des villages n'avait pas encore d'instituteur en 1809, et il fallut attendre 1850 pour qu'ils en soient tous pourvus, les écoles de garçons étant 10 fois plus nombreuses que les écoles de filles. Ce n'est que vers 1890 que le nombre de filles et de garçons scolarisés s'équilibra, 50.000 enfants étant scolarisés dans le Tarn en 1890...

Le versant Nord de l’Espinouse reçoit les précipitations venant de l'Atlantique, et la végétation y est presque celle de la Normandie ; les villages qui y sont situés, tel La Salvetat-sur-Agout, ont donc un climat pluvieux, et dès après le sommet de l'Espinouse, sur le versant Sud, la végétation et le climat redeviennent Méditerranéens, l'Espinouse bloquant les précipitations.

Le fils de Louis CARAYON et de Marie GROS, Louis mon grand-père né en 1886 , traversa lui aussi l'Espinouse, mais comme apprenti charretier au Poujol, près de Olargues ; Il entra, après son service militaire , à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi à Toulouse. Il avait connu à Saint-Julien-d'Olargues Lucie Marie Élina FOUILHÉ qu'il épousa en 1913. Ma grand-mère, au décès de mon grand-père début 1951 et jusqu'en 1965, fut femme de ménage lingère dans une famille quelques jours par semaine ; immigrée d'Europe de l'Est avant guerre, cette famille fut plus ou moins cachée dans un immeuble dans la rue de mes grands-parents après l'invasion de la "zone libre", fin 1942, et fut "protégée" par le voisinage pendant l'occupation... Mon grand-père, de par sa profession, échappa à l'enfer des tranchées de 1914-1918, étant "mobilisé sur place" à la gare de Toulouse, où il effectua toute sa carrière comme lampiste. Il dut refuser une promotion à Albi, car il n'aurait pu payer le pensionnat pour les études d'instituteurs de leurs 3 enfants (nés chez leurs grands-parents FOUILHÉ à Saint-Julien-d'Olargues, au Cros, ils y ont passé toutes leurs vacances scolaires, participant aux vendanges, mais ont toujours habité Toulouse). Mon grand-père ne posséda jamais de voiture...

De ~1615 à nos jours, seul mon ascendant Antoine CARAYON né vers 1680 et marié vers 1710 avec Anne CHAMAYOU eut un second fils permettant de former une deuxième branche portant mon nom jusqu'à nos jours, mais mon nom de famille n'est plus porté actuellement que par ma branche, ce qui fait que malgré nombre de CARAYON en France (2.377 naissances en France entre 1891 et 1990, plus de 800 CARAYON aujourd'hui dans l'annuaire, dont 277 dans le Tarn et 135 dans l'Hérault), actuellement les seuls CARAYON mâles qui me soient à ma connaissance apparentés sont mes 3 frères, nos 7 fils respectifs et les 2  jeunes fils de l'un deux, et côté femmes nées CARAYON seules 3 cousines, ma nièce Lucie, ma petite-nièce Alice, ma sœur Évelyne et ma petite-fille Jade... VOIR

Je descends également, par les femmes, de 2 autres branches de CARAYON, l'une du masage de Camalières à Lacaze, et l'autre du masage de Vernières, à Massuguiès...

2/ Côté mère de mon père : Hérault

FOUILHÉ et DONNADIEU :

 

Mes FOUILHÉ et DONNADIEU sont originaires des Hauts cantons du Nord de l'HERAULT sur le versant méridional des monts de l'Espinouse, derniers contreforts du Massif Central, plus particulièrement du village de Saint-Julien-d'Olargues, de 2 des nombreux hameaux de cette commune, Le Cros pour les FOUILHÉ (FOULIO en occitan), et Mauroul pour les DONNADIEU (DONNADIÙ).
Au fur et à mesure des générations, mes FOUILHÉ et DONNADIEU épousèrent des femmes originaires des autres hameaux de Saint-Julien-d'Olargues (Saignes, Auziale, Les Horts, métairie de Tirocos, La Fabrègue Haute), ainsi que des communes de Olargues, Saint-Vincent-d'Olargues (Violgue, Raspaillac, Mazarié) Fraïsse-sur-Agout (Coustorgues), Cambon, Mons-la-Trivalle (Le Bardou), Rosis (Rosis, Douch), St-Martin-de-l'Arçon (La Pomarède), Roquebrun, deux branches venant de Nages et Murat-sur-Vèbre (Tarn), sur l'autre versant de l'Espinouse à 850m d'altitude. La branche de Murat-sur-Vèbre me fait cousiner avec les CORBIÈRE, déjà cousins, mais du côté du père de mon père.
Ces deux familles étaient cultivateurs viticulteurs et avaient une existence moins dure que ma branche CARAYON du Tarn. Les Héraultais de cette région en étaient même venus à négliger les cultures vivrières, ce qui leur posa des problèmes lors de l’hiver 1940, d'après les mauvaises langues tarnaises. Le dernier FOUILHÉ viticulteur, dernier de la longue lignée de mes ancêtres prénommés Antoine "Le Gardien", cousin germain de mon père, est décédé fin 1999.

St-Julien-d'Olargues est une commune sans bourg ni centre, constituée avant la Révolution de 17 hameaux disséminés dans la montagne et dont la Mairie est située aux Castagnès, à 250m d'altitude ; près de là se trouve le Prieuré de St-Julien de style roman, seul lien effectif entre les hameaux, ainsi que son petit cimetière où reposent mes ancêtres ; ce prieuré de chanoines réguliers est cité dès l'an 899,  mais le clocher, et l'une des cloches qui rythment le temps, datent de 1615 ; une autre cloche fut fondue en 1730 : "Le 12 mars 1730 a été baptisée la troisième cloche, avec le concours de bien du monde qui sont venus assister à la cérémonie de tous les environs ; ses parrain et marraine furent Mr FOUILHÉ 1er consul d'Olargues et Mlle de VIVES d'Olargues" (extrait du registre paroissial de St-Julien). Une autre cloche fut bénie le 25 juillet 1734 à qui fut donné le nom de "Marguerite", "nom de ... Marguerite MOLIERES de la Fabrègue, Monsieur MOUSTELON des Horts servit de parrain".

Le hameau de Mauroul , plus proche de St-Vincent-d'Olargues dont il faisait partie jusqu'à la Révolution, possède lui aussi une petite église du 19ème siècle, en parfait état ; ce hameau perdu sur les pentes de l'Espinouse au bord d'un ravin, relié par un pont à la route qui mène à son sommet, est actuellement en résurrection, les nouveaux habitants restaurant chaque maison dans un entrelacs de petites ruelles de 60 cm de large.
La légende veut qu'au VIIIème siècle quelques Sarrasins (Maures) y fondèrent une colonie, d'où le nom de Mauroul...

En 1791 la paroisse de St-Julien comptait 698 habitants répartis dans 18 hameaux et métairies, incluant alors les hameaux du Bardou, Courbou, La Fenouillède, La Voulte, Ornac, Toulo (Mons), Colfumat, Le Colombier et La Salle (Olargues).
St-Julien-d'Olargues compte aujourd'hui 200 habitants...

St-Vincent-d'Olargues, proche du hameau de Mauroul, est également un petit village de 350 habitants répartis dans de nombreux hameaux disséminés sur les pentes de l'Espinouse ; son église date du XIIe siècle. Saint-Vincent est une ancienne commanderie de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem de Rhodes et de Malte dépendant de la Commanderie de Narbonne du Grand Prieuré de Saint-Gilles de la langue de Provence. (voir)
A Raspaillac, hameau de St-Vincent cité dès 1311, se trouvaient 3 dolmens.

Le 08 janvier 1684 Antoine SAVY, curé de St-Vincent, lègue par son testament tous ses biens aux pauvres de la paroisse.

Anecdote : "Le 22me 7bre 1690 est né François Planès fils de Jean et de Jeanne Rolse mariés du mazage de Gourlaury et parce que nous ne voulûmes pas icy recevoir pour parrain Joseph Planès du dit Gourlaury que son père luy avoit donné, à cause qu'il avoit scandalisé la paroisse par des dissolutions et danses tant le jour du patron que le lendemain jour de dimanche, et qu'il s'estoit transverti en femme ayant parcouru en cet état presque toute la paroisse en huant, sautant, dansant et chantant par tous les chemins et dans les mazages et maisons où il pouvoit entrer avec ses compagnons. Cet enfant fut porté à St Pons par ses parents où il fut baptisé le jour du 3ème octobre par ordre de monseigneur l'Evesque par Mr Fabre prêtre et secondaire à la paroisse du dit St Pons sans que pourtant le dit Joseph Planès le mit à baptesme comme il l'attendoit, ny même aucun de ses parents qui l'y avoient accompagné. Son parrain fut François (Gaga ?) maître tisserand, la marraine Catherine Cammaigné, tous deux du dit St Pons. Témoins le susdit Joseph Planès, Jacques Foulhié, tous deux du dit Gourlaury et Jean Foulhié du Gua qui ont dit ne savoir signer, en foy de quoy."

Le 1er octobre 1706 le curé de St-Vincent note sur le registre paroissial que "la paroisse de St-Vincent est composée de 200 feux".

C'est à Olargues , village situé un peu plus bas à 185 m d'altitude, que les échanges sociaux et commerciaux se faisaient ; petit bourg sur le Jaur dont le « pont du Diable » date du début du 13e siècle, dominé par le donjon du château féodal du 12ème siècle transformé en clocher, il conserve, cachées dans ses ruelles, de nombreuses maisons médiévales. Son château fut pris lors de la croisade contre les Cathares par Simon de Montfort en 1210, et fut détruit sous Louis XIII en 1629 lors des guerres de religion.
L'ancien site du village se trouvait sur les hauteurs de St-Julien, au Castellas, au-dessus du hameau des Horts. Une charte de franchises fut accordé en 1289 aux habitants par Bernard d'Anduze, seigneur d'Olargues.

Il y avait à Olargues un hospice de charité, appelé hôpital dès la fin du 17ème siècle, les registres paroissiaux rapportent les décès qui y survinrent ; cet hospice était appelé hôpital civil en 1819.

De 1690 à 1745 Olargues comptait en permanence entre 2 et 3 régents des écoles (3 en 1695, 2 en 1739).

Il est noté dans le registre paroissial que "le 06 septembre 1700 à 6 heures du soir la grande cloche d'Olargues a été rompue lors qu'on sonnait et pour le temps qui menaçait de grêle".

En 1702 le village était encore un exemple du castrum moyenâgeux, ceint d'une forte muraille percée de 10 portes.

Le 23 août 1704 le curé note "pour que soit mémoire à mes successeurs la cessation des offices divins, pour cause de profanation qu'on faisait par des danses publiques de la jeunesse lors de la fête locale du 10 août, veille de la St Laurens patron de la paroisse, ce qui m'obligea à me retirer à St-Julien où je célébrai le lendemain les offices, et ceci selon l'ordre que m'en avait donné l'évêque dans sa lettre du 31 juillet dans laquelle il prévoyait une telle profanation. Un certain Conseil de ville prit une délibération contre cette cessation des offices, sans qu'il soit noté la cause de celle-ci ; pour que dans la suite du temps il ne puisse y avoir mauvaise impression de ma conduite, je crus qu'il était de mon devoir de coucher dans le registre paroissial que lesdites danses publiques approuvées et tolérées dans cette paroisse sans qu'on se soit mis en devoir de les faire cesser m'ont obligé à ne point faire d'office pendant la débauche de la danse".

Le 01 octobre 1707 il est noté que "la paroisse compte 190 feux", et en juillet 1709 "197 feux".

Le curé relate dans le registre paroissial que "le 10 juin 1710 mardi de Pentecôte après la messe des vêpres, après en avoir reçu la permission de l'évêque de St-Pons, j'ai procédé à la bénédiction selon le rite romain de 2 cloches que les habitants ont fait refondre par Jean DEL BRUN maître fondeur de Praissac du diocèse de Cahors, l'une du poids de 20 quintaux 56 livres, l'autre de 8 quintaux 55 livres, après avoir fait placer les 2 cloches au milieu de l'église et m'étant fait assister des prêtres du voisinage pour accompagner la cérémonie d'une plus grande solennité comme le portait la lettre de l'évêque, en présence des sieurs Gabriel MOUSTALON, Jean MAROUSSE et Pierre ROLS consuls d'Olargues portant leur chaperon, et des habitants de la paroisse".

Le 28 juin 1710 le curé inscrit : "La communauté d'Olargues a fait vœu d'aller dimanche prochain 06 juillet en procession à Notre Dame de Trédos à Prémian pour demander à Dieu par l'intercession de la très Sainte vierge la cessation des maladies qui affligent ladite communauté et qui sont générales dans tout le royaume..." (voir). Il relate au soir du 06 juillet : "j'ai fait sonner au clocher ce matin à 1h après minuit pour assembler le peuple et à 3h nous sommes partis après avoir fait hautement la prière du matin et chanté les litanies pendant le chemin ; et ensuite j'ai récité à haute voix une partie du rosaire et pour le reste du chemin j'ai lu quelques chapitres de l'Évangile en français ; étant arrivés à la croix qui est proche de la chapelle nous y avons fait une halte et chanté l'antienne de la très Sainte vierge et avons recommencé les litanies de la vierge et sommes arrivés dans la chapelle où nous fûmes accueillis par le prêtre de Prémian ; j'y ai célébré la Sainte messe qui a été chantée et ai donné la communion à un grand nombre d'hommes et de femmes de notre paroisse ; la fin de mon instruction était de faire voir à mes paroissiens qu'il fallait être plus soigneux de demander à Dieu la santé de l'âme ... ; nous sommes arrivés à Olargues à 2h après midi. La procession était fort nombreuse et ceux qui n'ont pu y venir ont communié dans l'église d'Olargues où Maître Antoine BAS prêtre et secondaire était resté. J'ai cru devoir laisser ce monument par écrit à mes successeurs pour s'en servir s'ils le trouvent à propos si pareille occasion se présentait dans la suite".

En mai 1744 le prêtre de Berlou, village touchant Olargues, note que "cette année a été fort stérile en grains et en vin et autres fruits et que beaucoup d'habitants ont eu le malheur de perdre grande quantité de chèvres par le mal de gale, mauvais mal pour cette espèce de bétail" (laquelle paroisse de Berlou était "composée de 52 feux" en 1705).

Les métiers à Olargues

Le tissage de draps (tissus) gris de laine et Muse faisait vivre une grande partie des habitants dès le 12ème siècle (les tissus s'exportaient dans tout le royaume, vers la Suisse et l'Italie, et au Moyen-Âge ils partaient pour le Moyen Orient, par les ports), et, dans la seconde moitié du 17ème siècle et au 18ème siècle de très nombreux habitants de St-Julien, St-Vincent, Mons, Olargues, St-Pons-de-Thomières, exerçaient les professions de tanneur, blancher, blanchisseur, foulonnier, corroyeur, cardeur de laine, tondeur de toiles, teinturier, tisserand de draps de laine ou de toiles, tailleur, tailleur d'habits, etc... Ces professions perduraient au début du 19ème siècle au moins à Mons... A Olargues aux alentours de 1700 les agriculteurs étaient presque totalement absents des registres paroissiaux. 

Il en est de même avec le métier de cordonnier : entre 1650 et ~1760 Olargues compte en permanence une bonne vingtaine de cordonniers et maîtres cordonniers en activité.

Une petite dizaine de tonneliers étaient en permanence en activité à Olargues durant tout le 18ème siècle ; les barriques qu'ils fabriquaient étaient utilisées par les tanneurs, drapiers, bouchers et vignerons.

Les maréchaux ferrant, maréchaux à forge, taillandiers étaient au moins 8 en activité dans la seconde moitié du 17ème siècle, 7 dans la 1ère moitié du 18ème, et 8 dans la seconde moitié. 

Les faiseurs de cercles, cercliers, et faiseurs de cruches en métal étaient au moins 2 dans la seconde moitié du 17ème siècle, 6 dans la 1ère moitié du 18ème siècle et 9 dans la seconde.

Entre 1650 et et 1760 au moins 5 maçons exerçaient en permanence leur activité.

Aux alentours de 1750 le commerce était particulièrement vivant à Olargues qui comptait alors une petite dizaine de muletiers-voituriers ; il y en avait encore 6 en activité entre 1780 et 1800.

Olargues comptait au moins 1 meunier dans la 1ère moitié du 17ème siècle, 2 dans la 2ème moitié, 6 dans la 1ère moitié du 18ème siècle, et 4 dans la seconde ; l'un des moulins appartenait à la famille BAS de CESSO, un autre (ou l'autre) était la propriété de Mr de CLERC...

Un petit supplément de revenus était apporté aux familles du Haut Canton par la prise en nourrice de nourrissons et d'enfants en bas âge que leur confiaient des familles de toute la région, jusqu'à Béziers.

Tous ces chiffres sont à rapprocher du nombre total d'habitants, le village comptant 200 foyers dans les années 1700-1710.

Une brigade de la gendarmerie nationale était installée à Olargues à la fin 1792.

Le village compte aujourd'hui un peu plus de 500 habitants.

La région d'Olargues fut colonisée par les Romains ; la cité fut incorporée dans la ligne des avant-postes à la limite de la Narbonnaise, chargés de défendre la Province des tribus Arvernes. En 476 les Wisigoths s'installèrent dans la région, qu'ils ne quittèrent plus...

Rosis, qui s'appelait St-Gervais-Terre jusqu'en 1831, est un minuscule hameau de 4 ou 5 maisons perdu sur les hauteurs Est de l'Espinouse au dessus du col de Madale, que l'on atteint après 12 km de montée ininterrompue, et il n'était pas simple à l'époque de se rendre à l'église la plus proche. A proximité se trouvent les traces d'un camp romain, perché à 1.100 m d'altitude. Le village se trouvait sur la voie romaine Béziers-Cahors, et une tombe wisigothique fut mise à jour au hameau de Douch-Eglise.

Mons-la-Trivalle est située au confluent des 3 vallées de l'Orb, de l'Héric, et du Jaur, d'où le nom de "Trivalle" ("Mons" est une déformation de "monts"). La chapelle de la Voulte, ancienne paroisse rattachée à Mons, date du 12e siècle, tout comme le moulin de Prades, au hameau de Tarassac rattaché à Mons après la Révolution.
L'église de Mons "que les habitants ont fait bâtir" fut bénie le 24 juin 1714 par le prieur de St-Julien, en présence des curés des villages alentour.

A la fin du Moyen Age, à partir de 1300 et jusqu'à 1450, Olargues et les villages alentour connurent tout d'abord une vingtaine d'années de disettes puis furent ravagés par la peste vers 1350 qui emporta en plusieurs vagues plus de la moitié de la population. Suivirent immédiatement après des exactions de bandes armées entre 1380 et 1400. A cette date les hameaux et masages (de l'Occitan "masatge", hameau) des pentes de l'Espinouse sont pratiquement déserts, la moitié des terres est en friche, et les seigneurs durent recourir à l'implantation de nouvelles familles afin de cultiver les terres et leur fournir à nouveau des revenus. Les descendants de ces familles cultivèrent souvent en indivision les masages qui avaient été attribués à leurs parents, le seigneur percevant ses redevances globalement, favorisant ainsi dans un même lieu une concentration importante de familles du même nom. Puis ce système d'indivision disparut petit à petit du fait de la multiplication des familles, amenant à un morcellement des terres des masages.
La plupart des patronymes de mes ancêtres de l'Hérault sont également présents dans le sud-est du Tarn, parfois d'ailleurs comptant des familles protestantes ; les Tarnais  vinrent coloniser, après les saignées du Moyen Âge, le versant Sud de l'Espinouse...

Une nouvelle épidémie de peste sévit encore à Olargues de 1628 à 1630.

Durant les Guerres de Religion, le pays d'Olargues passa successivement aux mains des deux partis, et souffrit des pillages effectués par les troupes des deux camps qui  se comportaient en pillards.

La mortalité infantile était effrayante, jusques après la Révolution française ; quel que soit le niveau social des parents il était habituel de perdre de 5 à 10 enfants en bas âge, comme le montre l'exemple suivant, choisi parmi quantité d'autres et qui concerne les enfants d'un couple de Saint-Vincent-d'Olargues : Élisabeth °19/10/1744 et +21/05/1754, Pierre °03/12/1749 et +24/11/1750, Pierre °26/11/1751 et +02/04/1753, Pierre Jean °14/01/1754 et +25/02/1754, Pierre Jean °29/01/1755, Antoine °~10/1757 et +01/03/1759, Élisabeth °10/03/1760 et +31/01/1763, Catherine °08/07/1762 et +20/05/1764, Élisabeth °23/01/1765 et +14/06/1766, Antoine °15/04/1767 et +01/03/1769 ; 2 de leurs autres enfants eurent une descendance...

Dans la moitié Sud de la France l'illettrisme était quasi total chez les paysannes et les épouses des petits commerçants, marchands et artisans.

Tous ces villages et hameaux, accrochés au flanc de L'Espinouse, zone de moyenne montagne du Haut Languedoc formant les premiers contreforts du Massif Central, étaient difficiles d'accès et repliés sur eux-mêmes ; Olargues, Mons-la-Trivalle et le Poujol-sur-Orb, situés le long du Jaur et de l'Orb sur la route de Mazamet à Bédarieux longeant la Montagne Noire,  les Monts de l'Espinouse et du Caroux, bénéficiaient d'une ouverture vers les plaines de l'Hérault.

La totalité de mes ancêtres paternels est donc originaire :
- d'une part, de petits hameaux situés sur une ligne allant des Monts de Lacaune et remontant vers Albi (Tarn), partie du Tarn appelée "La Montagne", deux branches venant de villages maintenant dans l'Aveyron
- et, d'autre part, de petits hameaux disséminés sur le flanc méridional du Massif de l'Espinouse et du Mont du Caroux, dans les Hauts cantons de l'Hérault.

Mes ancêtres paternels parlaient le LANGUEDOCIEN.

Au cours des ans, 3 des ancêtres de mon père sont nés de père inconnu, ou du moins hors mariage, dans chaque cas leur mère était veuve depuis plusieurs années, et un autre eut un demi-frère dans les même conditions. Ce fait diminue fortement le nombre d'ascendants que je pourrai éventuellement trouver de ce côté.


BRANCHE MATERNELLE
(696 ascendants connus)

Les 8 arrière-grands-parents de ma mère sont nés dans 7 départements différents : Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Vosges, Isère, Haute-Savoie, Creuse et Seine-Maritime, et en remontant leurs origines on ajoute la Moselle, l'Indre, le Cher et l'Eure.
Ils ont tous les huit
migré à Paris entre 1855 et 1860, la plupart après s'être connus dans leurs départements d'origine, et ont fait souche à Paris même. 

1/ Côté père de ma mère

DUCHÊNE / PERRIN: (MEURTHE-ET-MOSELLE / MOSELLE / VOSGES)

Mes DUCHÊNE (anciennement DUCHESNE mais aussi DUCHAINE à Nancy en 1748-1751) sont originaires de la MEURTHE-et-MOSELLE et habitaient Nancy au moins depuis 1720 ; petits artisans (figuriste, cordonnier) dans la vieille ville (quartier St-Pierre), les rues où ils demeuraient existent toujours sous le même nom (rue du lycée, faubourg St-Pierre). La quasi-totalité de cette branche est originaire de ce département, à l'exception des DEMASURE-CORINGER, originaires de la MOSELLE, à Insmings ... En 1830 Joseph DUCHÊNE s'installa à Thionville où il tint une auberge et où son fils Jean-François naquit. Joseph retourna plus tard vivre à Nancy, et y mourut en 1848 (161 rue du Faubourg St-Pierre). En 1851 Jean-François épousa à Nancy Marie Claire PERRIN et ils partirent à Paris...

Mes PERRIN sont originaires des VOSGES, d'une part de Vagney (PERRIN et GUSTIN), Sapois (FRANÇOIS) et de La Bresse   (PETITJEAN) (située à 650m d'altitude, communauté indépendante jusqu'à 1790 ayant droit de justice, maintenant station de sports d'hiver, à la limite du Haut-Rhin), et d'autre part de Rupt-sur-Moselle (LAMBOLÉ) et de Saulxures-sur-Moselotte (CLAUDEL) (située dans une vallée, à 420m d'altitude). Les PERRIN étaient cultivateurs, les LAMBOLÉ petits artisans. En 1818 Lambert PERRIN épousa Claire LAMBOLÉ à Vagney puis ils s'installèrent à Nancy, où leur fille Marie-Claire épousa Jean-François DUCHÊNE (Les "LAMBOLÉ" devinrent très souvent "LAMBOLEZ" après la Révolution).

Cette branche parlait le LORRAIN ROMAN.

THIBAUD / CORBIER : (ISÈRE / HAUTE-SAVOIE)

Mes THIBAUD sont originaires de l'ISÈRE, à St-Hilaire-de-la-Côte, à l'Ouest de Grenoble. Ils étaient agriculteurs et certains de leurs descendants le sont encore, toujours à St-Hilaire-de-la-Côte. Mon arrière arrière-grand-père Antoine THIBAUD s'engagea pour sept ans dans l'armée, participa à la Guerre de Crimée et à la Campagne d'Italie sous Napoléon III, puis son régiment fut stationné dans les faubourgs de Paris et il connut Françoise CORBIER, arrivant de HAUTE-SAVOIE ; ils se marièrent à Paris en 1866 dès sa libération des drapeaux... Leur fille Julie Antoinette THIBAUD épousa à Paris en 1887 Émile Lucien DUCHÊNE , fils de Jean-François...

En juin 1709 le curé de Brézins, situé à ~5 km de St-Hilaire-de-la-Côte à vol d'oiseau, notait que "l'hiver 1708-1709 fut très rigoureux", "les oiseaux gelaient en l'air", entraînant "la perte totale des récoltes de grains et de châtaignes"...

En 1825 St-Hilaire compta 67 décès, plus du double de la moyenne annuelle pour cette époque, une épidémie y survint donc certainement. 

Mes CORBIER sont originaires de HAUTE-SAVOIE, à Chilly . André, fils de François CORBIER et de Françoise FONTANELLE, épousa en 1827 Marie PERRISSOUD, de Thusy, fille de Louis PERRISSOUD et d'Élisabeth COMOZ, laquelle venait de Lornay tout comme la mère de Louis PERRISSOUD. La mère de Élisabeth venait de Cessens, au nord de la SAVOIE, tout près du lac du Bourget.. André et Marie s'installèrent à Massingy où ils finirent leur vie.. Ces villages en plaine s'articulent au nord et au sud de Rumilly, à égale distance de Annecy et du Rhône. Tous ces ascendants étaient agriculteurs... La fille de André CORBIER et de Marie PERRISSOUD épousa Antoine THIBAUD à Paris, où ils s'installèrent...

Annecy fut la capitale du Genevois, petit état qui fut ensuite rattaché au duché de Savoie jusqu'en 1860, date du traité de Turin qui fut suivi d'un plébiscite qui rattacha la Savoie à la France (130.000 voix pour le rattachement, 235 voix contre).
Cette région fut donc, durant toute son histoire, propriété des ducs de Savoie devenus plus tard rois de Sardaigne, excepté durant quelques brefs épisodes où elle fut occupée par la France, sous Henry IV, Louis XIII et Louis XIV, puis occupée par l'Espagne en 1742, enfin rattachée à la France de 1792 à 1815 avant d'être de nouveau restituée aux rois de Sardaigne...

En février 1740 le prêtre de Lornay (dont mes ancêtres COMOZ sont originaires) note : "depuis le 15 novembre 1739 il règne un froid que les plus vieux de 80 ans disent n'avoir jamais vu"... Puis, fin mai : "La bise continue toujours dans sa violence. En mai il est tombé quantité de neige, puis un gel qui a glacé l'eau des bois et les boutons de vigne. La neige a continué par intervalle en sorte que les montagnes ont été chargées de neige. On n'a pas vu de mémoire d'homme un temps si dérangé"... Fin octobre 1740 : "Le 10 et 11 octobre et suivants il est tombé abondance de neige en prairie; il est survenu ensuite une grande bise et froid qui a gelé toutes les vignes qui étaient prêtes dans 15 jours à être vendangées. Le mal a été général et l'on n'a point vendangé que très peu. Donc le vin a été très improbable et les châtaignes perdues"...

Toujours sur le registre paroissial de Lornay, le prêtre note : "21 juin 1742 : nous avons reçu l'ordre de sa Grandeur de chanter un te deum à l'église en action de grâce de la prise de la ville de Modène en Italie par notre roy Charles Emmanuel. Le 12 août 1742 avons reçu même ordre pour la ville de Lamirandole. Ce te deum fut chanté en toutes les églises et les assemblées en la cathédrale le dernier juillet 1742. Le 06 septembre les Espagnols sont entrés en Savoye, l'armée commandée par S.A.R. Dom Philippe infant d'Espagne; le général d'Armée est Monsieur de Glimes. Il faut fournir à leurs troupes du blé et autres choses nécessaires à leur entretien. Au mois d'octobre le Roy de Sardaigne est descendu avec son armée à Montmeillant et a chassé les Espagnols. Le Roy de Sardaigne est resté à Montmeillant avec son armée commandée par le Seigneur Baron de Lornay et le Prince Dom Philippe s'est retiré avec son armée à Barros en France. Les 2 armées sont restées ainsi jusqu'aux fêtes de Noël. Étant venu un grand secours aux Espagnols, ils sont rentrés en Savoye, et la sagesse du Roy de Sardaigne lui a inspiré de se retirer en Piémont avec son armée"...

Le 04 août 1746 : "Le 4ème août 1746, une lettre circulaire qui ordonne un service de requiem pour feu Philippe V roi d'Espagne notre souverain, et tous les jours à la messe ajouter la collecte pour détourner la peste des animaux qui fait des ravages dans le diocèse, comme il fut déjà ordonné le 14 de janvier dernier, jusqu'à ce que la mortalité cesse. Il règne présentement une sècheresse qui dure depuis le milieu du mois de juin"... Le 26 août : "La sècheresse continue". Le 18 octobre : "La blanche gelée a gâté ces jours passés les blés noirs semés après le seigle, et la sècheresse a perdu les (...). Il y a très peu de fruits et châtaignes, les vendanges sont modiques à cause de la sècheresse. La guerre continue et les troupes Espagnoles qui ont gagné la campagne en Italie reviennent heureux en Savoie. Les peuples sont réduits aux abois par les impôts et la capitation qui continue"... Plus loin : "Les fontaines n'ont repris leur abondance qu'au mois de janvier 1747"...

En mai 1748 : "La guerre des Espagnols qui a continué jusqu'à présent va finir, Dieu aida par les préliminaires de paix qui ont été signés le 07 mai 1748 et par la Reine de Hongrie le 13 mai et par le Roy de Sardaigne le 14. Cependant les troupes Espagnoles qui sont en Savoye (...)".

Un tremblement de terre secoua Massingy le 19 février 1822, suivi de répliques les 22 et 23; la voûte de l'église fut sérieusement lézardée...

Cette branche parlait le FRANCO PROVENÇAL (ARPITAN).

2 / Côté mère de ma mère

HENRY / SURE : (VOSGES / HAUTE-MARNE / MOSELLE)

Mes HENRY sont originaires des VOSGES, et plus particulièrement de Grand, au cœur de la Vôge, près de Domrémy ; mon ancêtre Jeanne DESPREZ, qui épousa François HENRY en 1783, est une des descendantes présumées de l'un des frères de Jeanne d'ARC, par sa mère Marie MOUGINOT descendante MELCION. De nombreux ouvrages évoquent cette filiation, qui semble possible... Le père de Jeanne d'Arc était né à Ceffonds, dans la HAUTE-MARNE, sa mère à Vouthon-Haut, dans la MEUSE.

Site gallo-romain situé à 370m d'altitude, Grand (Granum) était consacré à Grannus (Apollon), sa source était sensée pouvoir guérir de nombreux maux ; les Romains construisirent des km de galeries souterraines permettant de réguler son débit. Grand a encore aujourd'hui conservé le plan  de la cité de cette époque . Un rempart de 2 km de long doté de tours tous les 80 m ceinturait le site, et l'on peut encore y voir un amphithéâtre relativement bien conservé, l'un des plus grands du monde romain. C'est à Grand que fut trouvée la plus importante mosaïque d'Europe, représentant chiens, sangliers, tigres et panthères. Les empereurs Caracalla et Constantin y vinrent respectivement en 213 et 309 se soigner dans son établissement thermal...
Lors des invasions barbares des IVème et Vème siècles, Grand fut en partie détruite.

Pendant plusieurs siècles Grand vécut de la fabrication de clous (l'immense majorité des adultes sont dits cloutiers dans les registres paroissiaux et d'État civil aux 18ème et 19ème siècles, dont beaucoup de mes ascendants et la très grande majorité des collatéraux de ceux-ci), mais aussi des richesses de ses forêts, très exploitées.

Une brigade des traites foraines était stationnée à Grand au milieu du 17e siècle ; les officiers, sous-officiers, gardes et employés y vivaient avec leur famille (traites : impôts royaux perçus sur la circulation des marchandises entre les provinces, ainsi qu'avec les autres royaumes).

Quelques extraits du registre paroissial de Grand : 

- "Le 26 du mois d'octobre 1653 le Saint Rosaire fut établi à Grand".

- "Le dimanche de Judica en carême quatorzième de mars de l'année bissextile 1660 fut price la paix faite entre les deux puissantes couronnes de France et d'Espagne et les feux de joie en France faits et le te deum chanté solennellement en la paroisse de Grand et ... et de toute l'étendue de la Province".

- "Ce jourd'hui deuxième octobre 1667 la cloche de la chapelle de Sainte-Libaire a été baptisée".

-  "Le 19 mai 1714 fut bénie la seconde de nos cloches ; elle a été appelée Marie Libaire et son nom gravé dessus".

-  "Le 23 juin 1719 à la réquisition des bourgeois de Neufchâteau et par une permission de l'évêque comte de Toul les reliques de Sainte Libaire patronne de Grand ont été transportées à Neufchâteau en grande procession, à laquelle toute la paroisse et celles des villages voisins ont assisté, et celles de la ville de Neufchâteau (sont venues)  au devant jusques au bas de la côte, et les religieux ont apporté la châsse de Sainte Élophe ; la jonction de ces 2 processions s'est faite sur les 5 ponts à la vue de plusieurs milliers d'âmes qui pleuraient de joie. Cette procession fut faite à pied et par des chaleurs excessives. Le sujet pour lequel cette permission fut accordée était une sécheresse (qui durait) depuis 3 mois, les prés ne furent point fauchés, les blés furent grillés et brûlés, à la réserve des fonds.
On fit une procession solennelle dans tout le diocèse pour apaiser la justice de Dieu. Le peuple de Neufchâteau, charmé de posséder ce précieux dépôt, demandèrent qu'on leur laissât pour une semaine, ce que nous leur accordâmes ; et au bout de laquelle (semaine) nous allâmes en menu ordre rechercher la châsse, laquelle ne fut pas plutôt rentrée dans l'église (de Grand) que la pluie tomba en abondance pendant 24 heures ; les terres furent trempées, il y eu encore une bonne moisson de blé, mais les métrages furent modiques
."

De décembre 1812 à mars 1813 une épidémie toucha certainement le village : en effet si sur les premiers 11 mois de 1812 on compta le décès de 11 enfants, il en survint 9 autres sur le seul mois de décembre ; et le compteur s'affole dès janvier 1813 : 59 nourrissons et enfants de moins de 11 ans décèdent entre le 1er janvier et le 31 mars, la mortalité des adultes restant stable. Puis la situation s'apaise d'un seul coup. (à Grand il y eut 42 naissances en 1811, 48 en 1812 et 45 en 1813).

 En 1854 le village fut durement touché par l'épidémie de choléra (90 décès pour 26 naissances, alors que l'année précédente il y avait eu 27 décès pour 38 naissances) qui toucha presque toute la France (100.000 morts en France, dont 20.000 à Paris), et cette date semble coïncider avec le départ de Grand de tous mes HENRY. Le patronyme y perdura toutefois par le mariage en 1780 d'une habitante de Grand avec un HENRY originaire de Cousances-aux-Forges (Meuse), arrivé comme sous-brigadier dans les fermes du Roi ; son fils épousa une MAIGROT, descendante de mes ancêtres FRANÇOIS x PELLETIER et THOUVENIN x CLAUDEL.

Le 19 mars 1871 un enfant du village âgé de 11 ans "a été trouvé sans vie écrasé à 8h du matin sous les roues d'une voiture de l'Armée Prussienne dans son passage à Grand".

Le 28 janvier 1872 une femme de 67 ans, célibataire, "s'est précipitée dans un puits à 8h du soir" situé rue de Liffol. Il y avait eu un précédent, accidentel, en 1780 : un homme de 50 ans tomba dans un puits "duquel il fut retiré mort".

Les SURE ("SOUR") sont originaires de MOSELLE, de St-Avold . En 1726 Jean SURE épousa  Bonne PUNEROT à Avranville (VOSGES), où ils s'installèrent. Leur petit-fils Claude  épousa en 1799 Libaire Marie MAULARD à Grand, et en 1834 leur fille Libaire y épousa  Jean François HENRY.

Extrait du registre paroissial d'Avranville : "Cette présente année 1781, le 12 août, le tonnerre est tombé sur le clocher de cette église dans le moment où l'on sortait des Vêpres, de sorte que la moitié du peuple était dans l'église et l'autre moitié dehors. La flèche du clocher a été totalement fracassée par le coup de tonnerre, la tour beaucoup endommagée et une partie des tuiles de la nef brisées. Si on eût sonné dans ce moment, les sonneurs eussent été infailliblement tués".

A Abainville, où naquit mon arrière-grand-père Charles Alexandre HENRY en 1858, qui avait une dizaine de décès annuels habituellement, on compta 67 morts en 1854, année de l'épidémie de choléra.

GOUJON / SILVESTRE : (HAUTE-MARNE)

Cette branche est originaire de la HAUTE-MARNE. Les GOUJON de Rimaucourt (seigneurie au 11e siècle, fortifié au 13e siècle) [situé à 21km de Grand],  les SILVESTRE de Audeloncourt . Joséphine Henriette GOUJON épousa en 1856 à Rimaucourt Jean Nicolas HENRY, fils de Jean-François ; ils s'installèrent d'abord à Abainville (MEUSE) où mon arrière-grand-père Charles Alexandre HENRY naquit en 1858, puis ils partirent pour Paris. Charles Alexandre y épousa Annette Jeanne JAMETON en 1886.

A Audeloncourt, entre le 20 juillet 1636 et le début de janvier 1637 "la maladie contagieuse" (l'épidémie de peste de 1636-1639) provoqua le décès d'au moins 95 paroissiens d'après le registre communal (~470 habitants à la Révolution, ~100 habitants à l'heure actuelle).
Toujours à Audeloncourt il est noté dans le registre paroissial en avril 1729 que "les héritiers de Nicolas PICARD, marchand, (petit-fils d'ascendants) et de Libaire COLLIOT ont fait boiser l'autel du rosaire, dorer le calice et la patène, et construire une balustrade neuve au sanctuaire pour la recommandation de leurs âmes, lesquels ouvrages ont été faits moyennant la somme de 63 livres, pour les placer dans l'église où lesdits corps reposent".

Une grande partie des actuels habitants de souche de Rimaucourt est alliée à mes ascendants GOUJON.

Plusieurs recteurs des écoles exerçaient à Rimaucourt dans la seconde moitié du 17ème siècle, des "escoliers" sont parrains d'enfants en 1650.
Un ou plusieurs régiments tenaient garnison dans le village à la fin du 17ème siècle et dans la 1ère moitié du 18ème siècle.

Au moins 1 fourneau de fonderie était en activité à Rimaucourt dans la seconde moitié du 17ème siècle. J'ai dénombré les spécialités suivantes : maîtres de forges et fourneaux dont 1 des Forges du Manoir, maître chauffeur, maître affineur, affineur de gros fils, chargeur au fourneau, maître fondeur, fondeurs de gros fils, fondeurs de gros fers, chauffeur de gros fers, maître marteleur, marteleurs de la forge, fondeur de grosses mines et plusieurs forgerons dont 1 de la Creste, etc..., dont beaucoup habitaient aux dites forges.
En 1672 une femme du village, "âgée de 90 ans et plus, trouva une pauvre mort voulant puiser de l'eau tomba sous le roue du fourneau et fut trouvée toute brisée".
En 1709 un enfant âgé de 11 à 12 ans décéda au fourneau de Rimaucourt, "ayant eu la tête écrasée par l'arbre de la roue".
Au recensement de 1851 la fonderie comptait 37 ouvriers.
En 1891 une chaudière à vapeur explosa aux forges de Rimaucourt, provoquant la mort de huit ouvriers.

La forge de RIMAUCOURT appartenait au début des années 1900 à ULMO Fils et Cie.

Autres métiers à Rimaucourt dans la seconde moitié du 17ème siècle : nombreux officiers, cavaliers et soldats de régiments, juge, laboureur, chirurgien, praticien, admodiateur du prieuré, marguillier, marchand, greffier, maître d'école, maître maréchal, maréchal, maître serrurier, maître cordonnier, cordonnier, maître tissier de toiles, tailleur d'habits, recouvreur de toits, maître charbonnier, coupeur de bois, meunier, berger, vigneron, marguillier de l'église, manouvrier, écuyer, valet, valet de chambre, valet de pied, maître d'hôtel, secrétaire...
Mais en 1851 c'est l'agriculture qui employait encore le plus grand nombre : 332 sur 864 habitants, suivie du bâtiment au sens large : 5 patrons et 45 ouvriers, de la fonderie : 3 patrons et 37 ouvriers, les autres petits métiers et commerces : 21 patrons et 68 employés dont 51 femmes.

Le seigneur de Rimaucourt en 1779 était Messire Pierre Guillaume TAVERNIER de BOULLONGNE, baron, marquis de ~du Maney et d'autres lieux, chevalier et commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis, demeurant ordinairement à Paris rue du Bac paroisse St-Sulpice, dont l'épouse était Anne Catherine Pierrette de RAVENEL.

Un couple de Rimaucourt perdit en janvier 1803, en l'espace de 3 semaines, 4 de ses enfants, âgés de 7 à 12 ans.

Le 30 novembre 1806 un habitant de Rimaucourt âgé de 40 ans et son fils âgé de 6 ans tombèrent dans la rivière et s'y noyèrent. 

Il y avait au village, dans la 1ère moitié du 19ème siècle, une prison centrale qui comptait 480 détenus en 1841, dont 220 femmes.

Le château de Rimaucourt, situé Grande Rue, servit en juillet 1815 de cantonnement au 5ème Régiment de Cavalerie de Chasseurs Wurtembergeois.

L'épidémie de choléra de 1854 fit 53 morts à Rimaucourt (la mortalité cette année-là y fut, par rapport à une année normale, multipliée par 4). La population, de 864 habitants en 1851, était tombée à 817 en 1856.

Un couple perdit en 1875, en 2 jours, 2 enfants âgés de 5 mois et 4 ans. Un autre couple perdit en 1876, en l'espace de 5 jours, 3 enfants âgés de 5 mois à 8 ans.

Ces deux branches parlaient le LORRAIN ROMAN.

JAMETON / SABIN : (CREUSE / INDRE / CHER)

Les JAMETON sont originaires de Bétête , au Nord de  la CREUSE (voir ma page HISTOIRE). En 1739 Jean JAMETON épousa Gilberte POURRADIER, de La Cellette , où ils s'installèrent. Leur fils épousa Gabrielle TABOURIN, de Champeix. En 1827 Victor, fils de ces derniers,  épousa Catherine Julie SABIN.
Les SABIN sont originaires de Nouziers et épousèrent au fil des générations des femmes originaires de La Cellette et de Genouillac (Fondée par des colons Romains).
Entre Genouillac et La Cellette se trouvait une borne qui faisait "devise et séparation des Pays de Berry et de Marche" et matérialisait la limite culturelle entre les langues d'Oïl et d'Oc. Un château entouré de fossés surveillait ce poste frontière important entre les possessions des rois d'Angleterre et de France. Genouillac fut une des toutes premières paroisses creusoises et comprenait nombre de villages ; au fil des siècles, avec l'accroissement des populations, La Cellette, Bétête, Châtelus s'en détachèrent.

En janvier 1647 eut lieu une tempête dans la région de Genouillac qui fut comparable à celle de décembre 1999.

Les hivers 1708-1709 et 1765-1766 furent particulièrement rigoureux dans la Creuse.

L'été 1738, après un printemps si pluvieux que "l'on sortit les reliques à Limoges", fut particulièrement sec et "l'on perdit tous les blés noirs". "Peu de personnes souffrirent car l'on s'efforça de prêter, toutefois il y eut 900 pauvres à Guéret contre 10 à 12 mendiants à l'ordinaire". Les récoltes de grains et de vin 1739 furent si abondantes que leur prix chuta tant que les travailleurs gagnèrent très peu et s'endettèrent. La récolte 1740 dans la Marche et le Limousin fut la meilleure du royaume, et elles furent les seules provinces à ne pas connaître la misère. Celle de 1742 fut excellente.

En 1773, au Sud de Guéret un loup attaqua 4 personnes et nombre d'animaux...

Le 19 janvier 1774 le curé de La Cellette inscrit : "Je soussigné certifie à tous qu'il appartiendra que l'église de La Cellette étant interdite depuis le 1er août 1773 et que l'interdit durant encore actuellement il y a plusieurs actes transposés dans le registre, n'ayant pu les inscrire que quand on me l'a apporté quoi que j'en aie averti souvent les habitants et de plus je suis sûr qu'il y a plusieurs actes d'omis dans les baptêmes..."

Charles JAMETON, mon arrière arrière-grand-père, né en 1831, compagnon serrurier, émigra à Paris à la fin de son "Tour de France" (l'un de ses frères, Jean, émigra à St-Louis du Missouri aux USA où il se maria et s'établit ; il eut 6 enfants, les JAMETON des USA sont tous issus de lui).

Ces villages sont longtemps restés à l'écart des voies de communication, cette partie de la Creuse n'étant encore desservie par aucune route lorsque survint la Révolution de 1789. A la fin du XIXème siècle  les villages étaient encore si isolés les uns des autres que lors des mariages "arrangés" par les parents les nouveaux époux ne pouvaient se comprendre du fait des grandes différences de leurs "patois" respectifs : "l'eau", par exemple, se prononçait "l'aigue" à Genouillac, et "l'iau" à 20 km de là. 

A cette même époque l'alphabétisation était encore faible.

Entre 1850 et nos jours, les villages de mes ancêtres ont perdu en moyenne les 2/3 de leurs habitants...

Cette branche parlait une langue d'Oc mâtinée d'Oïl, le Limousin.

DELESTRE / LECUIT : (SEINE-MARITIME / EURE)

Cette dernière branche est originaire de SEINE-MARITIME. Originaires de Yvetot , dans le pays de Caux, les DELESTRE, toiliers de pères en fils, ont épousé des NIEL, HOUVILLE, LORAIN, MOREAU, originaires de St-Clair-sur-les-Monts, Auzebosc, Ste-Marie-des-Champs...
Originaires de Bois-Guillaume , mes LECUIT épousèrent des LEFEBVRE, PASQUIER, MARIDOU, LECHALUPÉ, originaires de La Frénaye, Grand-Camp, Auberville-la-Campagne, St-Arnoult, et de Pitre, dans l'EURE...
En 1835 Guillaume Alexandre DELESTRE épousa en secondes noces Virginie Élise LECUIT à Yvetot, et ils migrèrent à Paris où leur fille Ernestine Élise épousa en 1869 Charles JAMETON .

Cette dernière branche parlait le NORMAND.


Quelques coutumes  :

La cérémonie du mariage commençait souvent devant la porte de l'église : les époux échangeaient leur accord puis recevaient la bénédiction nuptiale par le prêtre ; ils pénétraient alors dans l'église dans laquelle une messe était célébrée.

La robe blanche pour la mariée n'est apparue que dans la seconde moitié du 19e siècle.

Dans le Tarn et l'Hérault, et ce jusqu'au début du 20ème siècle, le contrat de mariage était quasi systématique, quelque soit le niveau social des futurs époux.

Les jeunes veufs ou veuves se remariaient le plus souvent dans les semaines ou mois qui suivaient le décès de leur conjoint ; mon record est en Haute-Marne, à Rimaucourt : remariage d'un veuf 13 jours après le décès de son épouse, en 1796. Autre record, celui du nombre de mariages : à Grand (Vosges), 5 mariages pour Étienne REBOURG en 30 années (1777 à 1807), il avait 51 ans au 5ème, sa 4ème épouse étant décédée 2 mois auparavant ; il survécut à ses cinq épouses, et son fils se maria quant à lui 3 fois.

Les sage-femmes étaient élues par l'Assemblée des femmes du village ; elles prêtaient alors serment de fidélité devant le prêtre de la paroisse, qui jugeait leur capacité à administrer le cas échéant un substitut du baptême, l'ondoiement, aux nouveau-nés jugés trop faibles.

Les liens familiaux étaient forts, suivis, et connus de tous, comme le démontrent les dispenses de consanguinité accordées à de nombreux futurs époux pour des ascendances communes jusqu'à la 4ème génération (arrière arrière-grands-parents communs) qui ne pouvaient être connues que par mémoire collective, l'information ne pouvant en aucun cas provenir des registres paroissiaux.

Les prénoms Noël, Jean-Noël ou Marie-Noëlle donnés aux enfants nés les 24 ou 25 décembre ont toujours été excessivement rares entre les 16e et 18e siècles dans les quelques 15 départements des 4 coins de la France que j'ai étudiés, les enfants recevant le prénom de leur parrain ou marraine. j'ai relevé toutefois quelques très rares Natal, Nadal, Nadale, Noël et Noé dans le sud Tarn et le nord Hérault aux 16e et début 17e siècles, dont 1 né un 25 décembre mais 1 autre un 25 mars.

Anecdotes historiques :

A Anglès, dans le Tarn, décéda en 1688 l'épouse du sieur de La Fontesie "à laquelle selon l'ordre de Monseigneur l'évêque nous n'avons pas donné la sépulture ecclésiastique" ; il s'agissait là d'un couple protestant.

A Auberville-La-Campagne, en Seine-Maritime, au début du 18ème siècle furent baptisés de nombreux enfants nés de "prétendus mariés", ce qui signifiait dont les parents étaient de "la religion prétendue réformée". Le prêtre note également  en 1707 le décès d'un enfant issu d'un tel mariage. Je n'ai pas rencontré de tels cas dans des registres d'autres provinces.

A Grand-Camp, en Seine-Maritime, fut baptisé le 07 août 1730 "un Nègre âgé de 8 ans et appartenant à Jean Baptiste OURSEL capitaine de navire au Havre" dont la marraine fut l'épouse de celui-ci.

A Dieulouard, en Meurthe-et-Moselle, dans la registre paroissial de 1743, une femme native de Bâle, en Suisse, abjura "l'hérésie de Calvin qu'elle avait professée" et le prêtre, "en vertu des pouvoirs à lui accordés par Monseigneur l'évêque, comte de Toul et prince du Saint Empire, lui donna l'absolution publique de l'hérésie et de l'excommunication après avoir reçu son abjuration et sa profession de foi", en présence de plusieurs prêtres, dont un jésuite.

A Lanquetot, en Seine-Maritime, dans le registre paroissial de 1780, une jeune domestique illettrée de 25 ans "reconnaît que hors la vraie Église il n'y a point de salut, et de sa bonne volonté et sans aucune contrainte fait sa profession de la foi catholique apostolique et romaine et abjure l'hérésie de Calvin", le prêtre lui donne l'absolution, en vertu du pouvoir que lui a spécialement donné à cet effet l'archevêque de Rouen et lui remet un certificat signé de plusieurs témoins.

A Chermisey, dans les Vosges, on trouve dans le registre paroissial de 1742 quelques actes de baptêmes qui portent en leur marge les annotations "baptême levé", faites en 1794 par le maire révolutionnaire de la commune ; ces baptisés répudiaient donc leur baptême, administré 50 années plus tôt.