FAMILLE  CARAYON-DUCHÊNE

ANECDOTES FAMILIALES

GUERRE 1914-1918

ÉTATS DE SERVICE DE GUSTAVE DUCHÊNE
mon grand-père maternel

                                                                                        
                           1918                      


6ème Armée, 3ème Corps d’Armée, 5ème Division d'Infanterie, 10ème Brigade,
36
ème Régiment d’Infanterie de ligne

Ordre du Régiment n° 118

Le Lieutenant-colonel commandant le 36ème Régiment d’Infanterie, cite à l’Ordre du Régiment :
Le Sergent Duchêne Gustave, matricule 4178, classe 1908, 8ème Compagnie.

«Au front depuis le début de la Campagne, a montré de belles qualités de commandement dans la conduite de sa troupe, a fait preuve en toute circonstance d’énergie, de dévouement et de courage.
 Blessé, est revenu au front.»

Le 1er mai 1915.
Le Lieutenant-colonel Jeze, Commandant le 36ème Régiment d’Infanterie.


État-major de la 6ème Armée
5
ème Division d’Infanterie, État-major

ORDRE GÉNÉRAL N° 89

Soldats de la 5ème Division,

  Votre superbe élan et votre inlassable ténacité ont réalisé mes prévisions : Vous vous êtes emparés, pierre par pierre, de NEUVILLE-SAINT-VAAST, village puissamment organisé et défendu, et vous avez démontré qu’il n’est pas d’obstacle à la vaillance française.
Le Général commandant l’Armée, les Généraux commandant les 20ème Corps et 3ème Corps vous félicitent. Je vous félicite.
Je salue les morts pour la Patrie et entre tous ces braves, le Colonel Denis-Laroque, tombé à la tête de son magnifique 129ème Régiment. Vous allez reformer vos rangs éclaircis, où de nouveaux soldats vont s’enflammer au récit de vos exploits, et vous préparer à d‘autres combats qui seront décisifs.

Le 10 juin 1915.
Le Général Mangin, Commandant la 5ème Division d’Infanterie.


« Une bande de héros »
Extrait d’un journal, juin 1915

"C’est en ces termes qu’un officier d’un autre corps parlait du 36ème d’Infanterie. «Je viens de voir en action le 36ème; c’est une bande de héros». Ce régiment a mérité d’ailleurs, par sa belle conduite, les félicitations du Commandant de la Brigade. Le Colonel du 36ème, en portant ces félicitations à la connaissance du régiment, a ajouté : «Mes amis, vous avez encore, malgré vos rudes épreuves, à fournir de plus rudes efforts peut-être. Malgré tout, vous montrerez à nos ennemis que vous êtes plus durs qu’eux aux fatigues, plus résistants aux privations, plus tenaces dans la défense, plus vaillants dans l’attaque, plus héros, en un mot, et plus dignes de la victoire qui ne sourit qu’aux forts, aux vaillants, aux très vaillants. Vous avez bousculé hier ceux que l'on prenait pour les premières troupes de l’Europe. Vous êtes de braves gens.»"


État-major de la 10ème Armée

CITATION A L'ORDRE DE L’ARMÉE
du
36ème Régiment d'Infanterie

«Magnifique Régiment, pour lequel tout nouvel engagement est l'occasion de nouveaux succès et de faits d'armes victorieux. Déjà félicité par le Général Commandant la 5ème Armée pour la vigueur de son action et son esprit de sacrifice pendant les combats de septembre 1914 devant Reims, a pendant 10 jours au début de Juin poursuivi sans arrêt une lutte pied à pied qui nous a rendus maîtres, maison par maison, du village de Neuville-Saint-Vaast et vient, d'un seul élan qui l'a amené au bois de la Folie, d'emporter sous les ordres du Lieutenant-colonel Jèze, le 25 septembre, plusieurs lignes de tranchées ennemies puissamment organisées et défendues.»

Au Quartier Général, le 14 octobre 1915.
Le Général d'URBAL, Commandant la 10ème Armée.


État-major de la 6ème Armée

CITATION A L'ORDRE DE L’ARMÉE
Ordre n° 319

Monsieur DUCHÊNE, Gustave Raymond, Sous-lieutenant au 36ème Régiment d’Infanterie.

«Au front depuis le début de la guerre. Parti comme Caporal, a successivement gagné, grâce à sa brillante conduite au feu, les galons de Sergent et de Sous-lieutenant. A participé à la plupart des engagements auxquels le Régiment a pris part, s’y est fait remarquer par sa bravoure et son entrain. Plusieurs fois blessé

Au Quartier Général, le 06 avril 1916.
Le Général FAYOLLE, Commandant la 6ème Armée


Le Président du Conseil, Ministre de la Guerre,
à Monsieur le Général Gouverneur Militaire de Paris

  Monsieur le Sous-lieutenant de réserve Duchêne, du 36ème régiment d’Infanterie, actuellement en convalescence à Paris, 10 rue du Jura, est mis à la disposition du Ministre de l’Armement et des Fabrications de guerre, pour commander la Compagnie du Centre de Bois de Paris en remplacement du Sous-lieutenant Keisser.
Prière d’inviter cet officier à se présenter le 10 novembre prochain à l’Inspection Générale des Bois, 147 rue de Courcelles à Paris, en vue d’y recevoir des instructions.
Le Sous-lieutenant Duchêne est affecté au 26ème Bataillon de Chasseurs
.

Paris, le 06 novembre 1917.
Le Ministre de la Guerre.


Ministère de la Guerre
Direction de l’Infanterie

Le Ministre de la Défense Nationale et de la Guerre informe Monsieur Duchêne Gustave Raymond, Lieutenant de réserve, que par décision du 02 novembre 1937 il est rayé des cadres de réserve de l’Armée de Terre.

(Suit une mention manuscrite) : "En portant cette décision à la connaissance du Lieutenant Duchêne, le chef de Bataillon  commandant le Centre de mobilisation n° 31 est heureux de lui transmettre les remerciements du Ministre de la Défense Nationale et de la Guerre pour les services qu’il a rendus à l’Armée."

Le Havre, le 13 décembre 1937.
Le Chef de Bataillon Sélignat.


Galeries Lafayette

CITATION

MM. Théophile Bader et Raoul Meyer sont heureux de porter à la connaissance du Personnel que Mr. DUCHESNE Raymond, Second au Rayon 79 "Soieries couleurs", Lieutenant au 26ème Bataillon de Chasseurs à pied, a été promu  à compter du 16 juin 1920 :

"Chevalier de la Légion d'honneur"
Les Administrateurs délégués, Th. Bader et Raoul Meyer
Le 19 mars 1921



lire récit blessure

Rappelé par mobilisation le 03 août 1914.
- Aux Armées le 06 août 1914 (6ème Armée, 3ème Corps d'Armée, 5ème Division, 10ème Brigade, 36ème Régiment d’Infanterie, 8ème Compagnie).
- Campagne d'Allemagne du 03 août 1914 au 12 septembre 1916 .
- Entrée en Belgique. Combats du Châtelet (22 août) et de Charleroi (24 août). Bataille de Guise (Aisne) (29 août). Retraite.
- Évacué blessé de Guise le 01 septembre 1914 (éclat d'obus au genou droit).
- Aisne, combats sous Brimont et tranchées de Courcy (septembre-décembre).
- Aux Armées le 13 octobre 1914.
- Promu sergent le 31 décembre 1914.
- Aisne. Bois de Beaumarais (janvier-avril 1915).
- Citation à l'Ordre du Régiment du 01 mai 1915.
- Offensive d'Artois, Neuville-St-Vaast (mai-septembre).
- Évacué blessé de Neuville-St-Vaast (Pas-de-Calais) le 05 juin 1915 (enterré par éclatement d'obus, commotion à la tête, perforation tympan, mastoïdite, surdité totale de l'oreille droite).
Anecdote : un des lointains cousins par alliance de son épouse, Léon Eugène CHARY, époux de Augustine BRUNEAU elle-même descendante du couple LORRAIN-FREMONT, fut tué ce jour-là à Neuville.
- Promu Sous-lieutenant le 18 juin 1915 (5ème Compagnie).
- Évacué blessé de Neuville-St-Vaast le 28 juillet 1915. (éclat de grenade au bras droit).
- (08 août 1915 : "Éclat de grenade extrait, peut rejoindre sur sa demande").
- Aux Armées le 13 août 1915.
- Évacué blessé de Neuville-St-Vaast le 13 septembre 1915 (balle dans le dos par ricochet de balle retournée) (voir).
- Transféré le 19 septembre 1915 à l'hôtel Meurice à Paris, chambre 229 (transformé en hôpital pour officiers), et sortie le 12 décembre 1915.
- Transféré le 12 décembre 1915 au château de Bénainvilliers à Morainvilliers (78) (transformé en hôpital auxiliaire n° 505) pour soins et convalescence .
Anecdote : extrait du carnet de Mme Jeanne Bedel, propriétaire du château, à la date du 1er janvier 1916 : "Une nouvelle année de guerre ! Qui l’eût pensé l’année dernière et qui nous eût dit que nous commencerions 1916 à Bénainvilliers ? Hier soir nous avons attendu minuit après avoir terminé l’année par un salut à la chapelle et les prières pour les morts... Le lieutenant Sauvage et le lieutenant Duchêne ont attendu minuit en jouant au bridge et en faisant des puzzles, et quand minuit a sonné nous sommes montés embrasser dans leurs lits Fauvarque et Carrié, les sans familles, ceux qui pour des raisons différentes ont tant besoin qu’on leur marque de la tendresse et de l’intérêt."
- Entré à l'hôpital Meurice le 07 janvier 1916 pour opération et sortie le 21 février (débridement, curetage de plaie).
- Transféré le 21 février 1916 au château de Bénainvilliers pour soins et convalescence.
- Citation à l'Ordre de la 6ème Armée du 06 avril 1916 .
- Croix de Guerre, avec palme et étoile de bronze.
- Entré à l'hôpital le 08 juin 1916 pour y subir 3 opérations dont la 1ère le 15 juin, une autre en août, consécutives à 2ème blessure. (perte de substance musculaire, ostéite, dermite, furonculose, etc.).
- Convalescence à Paris puis à Sainte-Marie de Pornic (44) du 31 décembre 1916 au 28 mars 1917.
- Affecté Campagne de l'Intérieur du 13 septembre 1916 au 11 novembre 1918.
- Droit au port du ruban, avec étoile émaillée rouge, insigne spécial des blessés de guerre (15 février 1917) .
- Entré à l’hôpital de Nantes, 16 rue du Bel Air, le 15 avril 1917 pour opération.
- Sortie hôpital le 14 août et  convalescence du 15 août au 10 octobre 1917 avec soins infirmiers.
- Affecté au 26ème Bataillon de Chasseurs à pied le 06 novembre 1917.
- Commandant du Centre du Bois de Paris le 10 novembre 1917.
- Promu Lieutenant à titre temporaire le 05 décembre 1918.
- Mise en congé de démobilisation le 03 avril 1919.

- Chevalier de la Légion d'Honneur (rang du 14 juin 1920) .
- Promu Lieutenant de réserve à titre définitif le 31 janvier 1923.
- Croix du Combattant.

- A souffert durant tout le reste de sa vie des suites de ses différentes blessures de guerre, jamais cicatrisées .

1917


Raymond Gustave DUCHÊNE  au front, 1914-1915

        


"Histoire de la Grande Guerre"
Librairie A. Quillet. 1922

22 août 1914 :
"Le
3ème Corps subissait, de son côté, pareil échec. Nous avions malheureusement abandonné Châtelet et Pas-de-Loup sans résistance. Au point du jour, deux bataillons du 129ème Régiment d'Infanterie, soutenus en 2ème ligne par le 2ème bataillon du 36ème, avaient rejoint devant Roselies le 74ème d'Infanterie. Tous nos efforts se brisèrent sur la lisière sud-est du village. A ce moment-là, vers 11h30, le colonel faisait appeler la musique et déployer le drapeau pour tenter une offensive suprême. Mais une contre-attaque allemande débouchait sur la droite et nous prenait de flanc. Il nous fallut reculer devant le nombre. Nos troupes furent splendides d'héroïsme. Le commandant de la 5ème Division réclamait sans cesse du secours... Le général Bloch avait reçu l'ordre de porter toutes ses réserves à droite, où le 3ème Corps d'Armée devait préciser son effort. Or, l'ennemi débouchait de Châtelet. Toutes les troupes disponibles de la 5ème Division étant appelées à la contre-attaque, le général dirigea ses réserves sur Try-d'Haies et Bultia...."

23 août :
"Le
3ème Corps d'Armée avait été trop durement éprouvé le 22 août pour qu'il pût songer à reprendre l'offensive. Son chef voulait seulement "durer" jusqu'au lendemain, pour permettre aux autres Corps de développer leurs opérations. A droite, la 10ème Brigade (36ème et 129ème Régiments d'Infanterie) organisait défensivement le village de Florennes, où elle devait tenir coûte que coûte... La situation était, soudain, des plus critiques. La 5ème Division, à droite, s'était maintenue sur ses positions, mais la 6ème Division battait en retraite jusqu'à Walcourt, et même au delà. L'État-major du 3ème Corps se repliait sur Silencieux... L'ensemble de la journée n'avait pas donné ce que le commandant de la 5ème Armée semblait en droit d'attendre. Le 10ème Corps avait résisté sur ses positions, et ses pertes, qui s'élevaient encore à près de 2.000 hommes pour la 37ème Division, n'atteignaient cependant pas le quart des pertes de la veille, mais la situation du 3ème corps devenait inquiétante..."

Le 36ème Régiment d'Infanterie de ligne eut 986 soldats tués en 1914 et 1249 en 1915.


Durant son service militaire, du 06/10/1909 au 24/09/1911 au 36ème Régiment d'Infanterie de ligne à Caen , l'état d'esprit dans lequel se trouvait alors mon grand-père ne laissait pas supposer ses futurs états de service durant la 1ère guerre mondiale, comme le montre une lettre reçue de son père alors qu'il est sous les drapeaux depuis 1 an :


Caen, 1911

"Paris, le 19 décembre 1910.

Mon cher Gustave,

........ Tes lettres ne sont pas d'une gaîté folle. Je ne comprends vraiment pas cette horreur du service militaire, on doit songer au drapeau, à la Patrie, qui est notre première mère, et ne pas avoir de déshérence mais de la fierté à la servir. Quoi de plus noble d'avoir l'honneur de porter l'uniforme !

Mais véritablement je ne comprends pas la jeunesse d'aujourd'hui, qui se plaint de faire 2 pauvres années de service. Mais comment faisaient ceux du 1er et même ceux du Second Empire qui étaient toujours en guerre et qui laissaient pas mal de leurs compagnons sur les champs de bataille, et qui jamais ne se plaignaient ? Quand on parlait devant eux de telle ou telle bataille leur oeil brillait, et en tirant leur moustache ils répondaient avec orgueil : "J'y étais".

Allons voyons! Que diable, il faut que des hommes laborieux et intelligents comme toi donnent le bon exemple, ou alors que ferons-nous des brutes, et plus ça va et plus il y en a...

.....C'est tout ce que j'ai à te raconter pour l'instant. Tout irait bien si je n'avais un rhumatisme au bras droit qui me fait bien souffrir, mais c'est la vie, je le soigne par le mépris et dédaigne de m'occuper de lui. A bientôt mon gars, nous baillons tous de t'embrasser.

Ton père qui t'aime,

Émile Duchêne"


Caen, 1910